Fernando Arrabal
Publié : 11 février 2010, 17:40
Fernando Arrabal est un écrivain et cinéaste espagnol né le 11 août 1932 à Melilla. Il vit en France depuis 1955. Il a réalisé sept longs-métrages.Il écrit également des pièces de théâtre surprenantes. Il met en oeuvre une dramaturgie du scandale. Il était lui aussi, parti des formes sociales et politiques de l'absurde, mais c'était déjà pour libérer une violence de caractère terroriste inscrite beaucoup plus dans le langage et dans la mise en scène que dans l'action ou dans les personnages: c'est dans la voie de la violence pure que s'engage Arrabal. Il aboutit à une définition du théâtre comme fête démesurée ou théâtre panique, sorte de rite sacrificiel qui cesse alors toute relation avec la littérature et appartient sans doute à un tout autre domaine.Le cas Arrabal est assez proche de celui de Alejandro Jodorowsky. Les deux fondateurs de l'antimouvement Panique avec Roland Topor. Ils ont réalisés au débuts des années 1970 des fables paillardes et surréalistes débordants de scènes provocantes mais quasi dépourvues des éléments de la narration traditionnel. Arrabal s'est très librement inspiré de son enfance dans son premier film Viva la muerte (1971), film antifranquiste, Arrabal enfonce le clou avec J'irais comme un cheval fou (1973). L'histoire met en scène un bel homme recherché pour le meurtre de sa mère. Il va rencontrer dans le désert un petit homme laid aux pouvoirs surnaturels. En digne héritier de Sade, il verse dans la scatologie, dans la sexualité débridée et dans la violence. On voit des hommes qui défèquent dos à dos, un coït violent, des guirlandes de tripes... Cependant, on est tellement subjugué par ces scènes, ces images folles et décousues que l'on regarde, on tente de comprendre le symbolisme de chaque scène. Arrabal, c'est un vrai poète, mais il "arrabalise" tout. Dès qu'il filme, écrit quelque chose, c'est Arrabal. Dans L'arbre de Guernica, il montre à sa manière la guerre en Espagne, la souffrance. Arrabal est violent, très violent et choquant... et heureusement ! Le monde dans lequel il a vécu et dans lequel nous vivons est violent. Ses films sont de véritables catharsis qui font exploser le mal être, l'esprit, la pensée, la vie... Le cimetière des voitures (1983) est un film qu'il réalisa à l'époque pour Antenne 2 et mettant en scène Alain Bashung et Juliette Berto dans un décor de fin du monde, dans un cimetière de voitures. Sexe, violence et provocation y sont présents. Finallement, Arrabal ne fait que montrer une époque où la jeunesse fût à la dérive, rebelle. Notons qu'il y a toujours une dimension christique dans les oeuvres de Arrabal. Dans Le cimetière des voitures, le plus flagrant, c'est la multiplication de hamburgers. Dans J'irai comme un cheval fou, il recrée la Nativité en montrant la circoncision du Christ avec des aiguilles ! Ce derniers étant bailloné ! Simple provocation ou réflexion sur la place de la religion dans cette époque ? Il fût un temps, où les arts, la littérature, le cinéma choquaient, c'était une véritable révolution esthétique et culturelle et on regrette cette époque de folles créations.