

Troisième artiste nordique à être bénéficiaire d'une retrospective au Musée d'Orsay, Willumsen, un Danois de la fin du XIXème siècle serait donc passé du symbolisme à l'expressionnisme, deux mouvements singuliers aux expressions multiples: le symbolisme pouvant être celui emphatique d'un Gustave Moreau ou celui plus tribal et coloré d'un Paul Gauguin et l'expressionnisme allant du fauvisme de Derain au Cheval Bleu de Franz Mark. Le titre de l'expo et autant dire son propos nous laissent donc augurer d'un artiste dont la démarche et l'art constituent une charnière entre les deux mouvements et l'on s'attend au sein de l'exposition à bien saisir les différents jalons de ce changement de genre radical.
Hélas très vite les oeuvres de Willumsen lassent... Symboliste redondant, peu inspiré, manquant cruellement de la magie qui fait un Redon ou un Moreau, son travail semble lourd, sans âme malgré des débuts prometteurs rappelant notamment les grandes heures de la peinture espagnole, Velazquez et Greco en tête. Très vite son style pictural apparaît stéréotypée, ces couleurs jurent franchement les unes avec les autres mais sans la force d'un Moser (vu à l'expo Vienne 1900 au Grand Palais et qui avant m'était totalement inconnu)
Le Danois s'est même essayé à la céramique dans la lignée monstrueuse de Carriès (artiste travaillant notamment sur le grès et qui est représenté par une salle qui lui est dédiée au Petit Palais mais aussi par quelques oeuvres dans les salles de l'Art Nouveau au Musée d'Orsay) mais ses glaçures criardes ne font que rajouter à la grossiéreté de ses motifs. Bref on ne peut s'empêcher d'attendre avec impatience ses oeuvres expressionnistes tant son symbolisme est indigeste, hélas nous ne sommes pas au bout de nos peines...
Willumsen continue d'employer les gros sabots et pensent qu'utiliser les couleurs arbitraires, les enfermer dans un cerne et exagérer les proportions suffit à faire une oeuvre puissamment expressive et au message fort. Hélas une fois de plus c'est l'échec. Style pâtot, ensemble mièvre (lHomme Tigre qui clôt l'expo est absolument hideux)
Au final nous retiendrons les photographies d'enfants nus courant sur la plage qui lui servent de modèle pour un tableau gigantesque, ces photographies nous permettant ainsi de constater les différentes étapes du travail de l'artiste. Nous retiendrons aussi l'oeuvre qui a été choisie pour figurer sur l'affiche qui est avec les tous premiers tableaux de l'exposition la seule qui m'ait un tant soit peu marqué.
La muséographie en elle-même est,comme souvent à Orsay, savamment maîtrisé mais au final, lorsque l'on voit le nombre ébouriffant d'artistes magnifiques encore inexplorés par les expositions françaises on se dit que Willumsen méritait une retrospective (et ce malgré la dureté de ma critique) mais peut-être pas de cette envergure!
Je mets un 4

Il est évident que cette critique n'engage que moi!
