[quote="Val Lazare a dit :
J'avais zappé ta réponse Twi...
Ahem... Idem, je retombe ici par hasard ^^U
Val Lazare a dit :
Le problème, c'est que tu fixes comme critère la "bonne musique", le bon son. Mais, les goûts, le bon goût n'est pas le même pour tout le monde. Nirvana n'était diffusé que parce que ça faisait l'unanimité, parce qu'un mythe était en train de naître et que tout le monde en avait conscience. Chacun a sa conception de la bonne musique (j'aimerai pouvoir dire le contraire mais ça me semblerait un brin élitiste), mais des chaines comme MTV ne passeront jamais que des artistes vendeurs, ou Ils les fabriqueront. Et ça, ça ne changera jamais.
Hmm disons que je me suis grassement laissé aller sur la notion de "bon son" en pensant que ça serait tacitement admis comme un truc à peu près définissable. Mais tu as raison de me reprendre, et en fait tu livres des éléments qui permettent de mieux le formuler. Pour Nivrana en l'occurence, tu dis qu'un mythe était en train de naître. Bon, on voit bien qu'il y a un certain nombre de critères objectifs. Celui qui nous suffit ici, c'est de constater que Nirvana ne s'est pas inscrit dans une démarche de "tendance" ou de "recette en vogue". Dans les faits, ils ont fini par se retrouver vachement populaires, mais qu'importe, ils ont eu leur chance alors qu'ils ne correspondaient pas à un créneau d'exploitation commerciale précis.
Un autre exemple sympa, c'est le U2 de cette époque-là, celui des
Achtung Baby (1991), Zooropa (1993), Pop (1997) et des tournées monumentales Zoo TV et Popmart. C'était un drôle de contrepied, surtout à partir de Zooropa, que l'on assimilait à une sorte de sacrilège - on avait alors utilisé le grotesque terme "techno-rock", aujourd'hui remplacé par "rock electro", ce qui sonne vachement plus noble déjà (mais là j'entre dans un autre sujet). N'empêche, ça passait sur Fun, NRJ et MTV, et le psychédélique Lemon était un single (j'appuierais bien mon propos en soulignant que cette version single durait près de 7 minutes comme sur l'album mais j'en suis plus vraiment sûr ^^U). Je voulais prendre cet exemple du U2 des années 90 tout simplement parce que j'ai souvent l'impression que ce U2-là n'excite pas ou plus grand monde (entre les fans de la première heure réfractaires au chamboulement et les détracteurs qui avaient déjà décidé depuis longtemps que U2 ne les intéressait pas...), donc ça me permet d'écarter, cette fois, cette notion tendancieuse de "bonne musique". N'empêche que ce qu'ils ont fait à ce moment, c'était couillu et casse-gueule, pourtant ça passait sur les média grand public.
Vous allez me dire, c'est U2, ils ont peut-être pu se permettre ça du fait de leur notoriété, mais ce que je constate, c'est qu'en 2001 ils débarquent avec un bon gros album pop-rock facile et convenu qui à quelques morceaux près ne m'excite guère.
Il y avait bien une différence pendant les années 90. Les deux exemples ci-dessus, j'en vois pas aujourd'hui. C'est comme si les recettes du succès commercial et de la musique jetable étaient désormais trop bien abouties pour qu'on s'emmerde à passer autre chose.
Val Lazare"]Même un zine comme Rock N Folk n'est pas un zine de bon rock. C'est un zine de nostalgiques. Ils sont attachés à leur conception de la bonne musique, et n'en démordent pas, quitte à cracher sur plein de groupes qui valent le coup.
Et je crois bien qu'on fait tous pareil.[/quote]
Pas moi
J'en reviens à ce qui me tient à coeur sur ce topic : je m'en fous de savoir si un truc est potentiellement commercial ou pas (et, autre point important, de savoir de quel "genre" musical il se revendique), ce qui m'importe c'est qu'il y ait une intention de créer, de susciter une émotion particulière avec une forme d'expression personnelle et/ou une démarche cohérente et pertinente (et si possible que ça tienne la route au final quand même ^^). Après, que ça coïncide avec quelque chose de vachement vendable à la fin, m'en fous. C'est quand c'est le but recherché que ça me dérange, ou quand ça en prend la voie de façon flagrante tout simplement parce que "l'artiste" n'a pas cherché plus loin que le bout de son nez (les jeunes gens issus de la Sart Ac' peuvent être de bonne foi, simplement, ils n'ont pas cherché à aller hors des sentiers battus ou alors on ne leur a pas montré le chemin).
Tiens, à ce titre, il y a un truc qui m'a interpellé il y a quelques mois : je voyais Corneille interpréter Parce qu'on vient de loin chez Stéphane Bern (attendez, laissez-moi finir). Ici c'était une version acoustique, juste lui qui chantait accompagné par un guitariste. Et débarrassé d'une bonne dose d'artifices RnB FM à deux francs qui m'avaient royalement gavé jusque là (bon, il restait quand même une bonne louche de maniérisme agaçant dans sa façon de chanter), la chose m'est apparue autrement. J'ai réalisé qu'après tout, face aux régiments de clones enfantés par la Star Ac', on avait là un gars un peu à part, qui avait connu des choses carrément atroces lors de son enfance au Rwanda et qui en avait fait une chanson. Je me suis dit, notamment, que le refrain était fort bien écrit, était riche en sens et suggérait des thèmes de réflexion simples et vachement sains qui changeaient pas mal des niaiseries qu'on entend habituellement. Donc, par bribes, ponctuellement, Corneille m'a fait plaisir - tout ça pour dire que vraiment, il faut toujours faire la part des choses entre la fibre populaire/l'orientation commerciale et le véritable fond du truc, le propos de l'artiste à proprement parler. Faire fi du snobisme intellectuel, quoi.
Enfin, mon exemple Corneille, c'est quand même un peu léger pour se réjouir 15 secondes du paysage médiatico-musical actuel.
(et de toute façon personne ne va s'emmerder à lire ce post indigeste)