Après avoir lu Crime et châtiment, et lIdiot du même auteur, je termine par son dernier roman : Les Frères Karamazov. Mais plus quun roman, cest un auteur quil faut ici découvrir : Dostoïevski.
Comme lindique la sonorité, Dostoïevski est un auteur russe, du XIXème siècle. Il naquit à Moscou en 1821, et termina ses jours en 1881, deux ans après avoir écrit Les Frères Karamazov. Des auteurs russes, on retient souvent le nom de Léon Tolstoï (qui naquit en 1828), en particulier pour son fameux Guerre et Paix. En comparaison, les histoires de Dostoïevski sont plus proche de la réalité quotidienne, de la misère et des difficultés du peuple russe, tandis que Tolstoï est plus proche des hautes sphères de cette société.
De fait, on retrouve une vitalité, une rage et une lutte qui est propre aux récits de Dostoïevski.
A présent, certains se demandent sûrement où se trouve lintérêt de lire un roman dun auteur, même pas français, et en plus dont lhistoire se déroule dans un pays lointain à une époque révolue.
Et bien, là où cela devient étrange, cest que ces histoires sont tout à fait transposables à notre époque et dans notre société française. Ce qui intéresse lauteur, en premier lieu, ce nest ni lépoque, ni même lenvironnement des personnages, mais leurs caractères, leurs histoires personnelles. Et ces caractères russes, vous trouverez cela très étrange aussi, sont tout à fait semblable à nos caractères français. On y retrouve de lhonneur, toujours présent malgré les souffrances, de la joie festive, du bordel, de la piété, des travaux forcés, et surtout, de la démesure proche de la folie : de la passion. Celle-ci va être la clef de voûte du roman qui nous intéresse, puisquil sera question de la passion amoureuse menant au crime passionnel.
Résumer ce roman nest pas chose aisé, mais dans les grandes lignes, cest avant tout lhistoire de trois frères, de trois passions et dun crime.
Le premier à apparaître dans lhistoire, voue sa vie à Dieu : il est moine, jeune et encore inexpérimenté en société. Pourtant, il voit juste et bien dans le cur des hommes mais pour celui des femmes, il se butte toujours à une certaine incompréhension.
Le second est perdu : il voue sa vie à une femme. Pour elle, il ferait nimporte quoi ; il lépouserait si seulement il avait plus dargent. Cet argent, son père le possède, mais ce dernier est de la pire espèce : avare, débauché, et de surcroît, épris de la même femme. Tout ce quil possède, cest lhonneur dancien officier, et sa fougue de jeune et brave soldat.
Le troisième frère de lhistoire est sombre. Très sombre. On sent que la solitude et la souffrance lui ont forgé un caractère froid, sceptique et orgueilleux. Cependant, il a lhabitude de la société dans laquelle il brille par son intelligence et sa répartie. Il possède une philosophie moderne, contraire aux principes de son jeune frère moine, et une raison, que les évènements, la maladie et la jalousie vont perdre.
Enfin, il y a un crime. Lodieux père est assassiné, et tout désigne le second frère.
Mais lhistoire ne sarrête pas là. Les frères Karamazov, cest aussi celle de Lise, cette jeune handicapé assoiffé de vie et frustré par son incapacité motrice, sa solitude et sa mère espiègle. Cest aussi lhistoire dIliouchetchka, ce jeune écolier qui sest vaillamment battu contre ses camarades pour sauver lhonneur perdu de son père.
Cest encore celle de deux femmes rivales, de lamour dun coté, et de la passion de lautre. Cest enfin, une histoire où sentremêle des questions existentielles et religieuses, la lutte entre linsouciance et la pénitence, entre le bien et le mal, entre la raison et la folie.
Pour ceux qui nauraient jamais lu de roman de cet auteur. Je recommande de commencer par Crime et châtiment, cest une histoire plus dynamique et plus poignante, plus moderne en somme. Ensuite, pourquoi pas lIdiot, histoire dun simplet pas si simplet, une sorte de Candide moderne, dont la folie est de croire encore en la bonté de lhomme. Et enfin de terminer par Les Frères Karamazov, ce chant du cygne, plus tempéré que Crime et châtiment, plus audacieux que lIdiot. On trouvera une certaine continuité et des ressemblances entre ces trois romans, comme le crime, la femme (omniprésente), les enfants (très présents dans lIdiot), la misère (et lavarice) et la religion (vs la raison des philosophes).
Dostoïevski : Les Frères Karamazov
Dostoïevski : Les Frères Karamazov
Protos a écrit : Je recommande de commencer par Crime et châtiment, cest une histoire plus dynamique et plus poignante, plus moderne en somme.
Certes mais certaines mauvaise langue diront, que ce roman n'est pas vraiment guère épais. (Blague obligatoire quand est cité Tostoi)
Mais en effet, Dostoievski est un écrivain remarquable, et le commissaire de crime et chatiment est véirtablement marrant, très avant-guardiste sur Colombo on pourrait dire.
Malgré tout, ben moi je recommenderaispour ceux qui connaitrait pas encore de commencer par "le joueur" beaucoup plus adordable, certes moins bon au final, mais pour peu qu'on ai un peu l'ame joueuse c'est tout de même assez passionant.
par contre les frères Karamozaof, (aucun rapport j'suis fils unique, oui pareil obligatoire), est quand même plus difficile pour se mettre dans l'ambience.
La bactérie est la culture du futur !
Dostoïevski : Les Frères Karamazov
C'est vrai, Crime et châtiment est le moins épais des romans cités. C'est pourquoi il est préférable de commencer par celui-ci, pour s'abituer au style et à l'écriture du maître (en tant que jeune padawan, il me faudra encore beaucoup d'experience pour l'égaler).
Quant à Guerre et Paix, de Tolstoï, parue aux éditions Plomb (chplomk), certe, il pese de ses deux tomes monstrueux. Mais c'est un leur, car dès la première ligne, on se retrouve transporté en 1804 au début de la campagne napoléonienne, les boulets de canon fusent, les personnages nous émeuvent, et au point final, on est forcé d'avoir les larmes aux yeux
(en fait les larmes n'existent pas chez les Protoss, mais j'imagine ce que ce serait chez une âme sensible). A lire absolument. je n'aurais pas la prétention de faire une critique de Guerre et Paix, mais je le recommande.
Au fait Veterini...
ta culture m'impressionne. Mais je trouverai la faille... un jour...
Quant à Guerre et Paix, de Tolstoï, parue aux éditions Plomb (chplomk), certe, il pese de ses deux tomes monstrueux. Mais c'est un leur, car dès la première ligne, on se retrouve transporté en 1804 au début de la campagne napoléonienne, les boulets de canon fusent, les personnages nous émeuvent, et au point final, on est forcé d'avoir les larmes aux yeux

Au fait Veterini...

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